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Trois petites semaines en Thaïlande.

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pascale
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MessageSujet: Trois petites semaines en Thaïlande.   Sam 12 Jan - 13:41

Exercice difficile, je vais m’atteler à un carnet de voyage que je n’ai jamais écrit et le faire juste avec les souvenirs. Que reste t’il après 6 ans d’un voyage en Thaïlande ? quel est le filtre des années ?
A cette époque, il ne me serait pas venu à l’idée d’écrire ce que l’on ressentait, voyait, découvrait. Je comptais sur la mémoire. N’allant sur aucun forum, et connaissant peu d’autres voyageurs, cela me semblait inutile.
Le partage de cette petite « aventure » s’était fait au retour brièvement avec quelques anecdotes, puis on parle d’autres choses.
La lecture des carnets des uns et des autres dans ce forum me donne l’envie de me replonger dans cette histoire et de la faire partager.
Le lecteur n’y trouvera peut être qu’un intérêt limité, mais le mettre en ligne me poussera à aller au bout de l’exercice.

Nous voilà en juillet 2002. N’étant pas téméraires, nous choisissons un pays facile sans trop d’embûches. Destination la Thaïlande avec 3 enfants de 16, 14 et 12 ans pour 3 semaines. Peu de préparation au départ, juste les guides classiques en poche, et nous voilà partis. Une envie, partager avec nos enfants le plaisir de ces voyages lointains que nous faisions auparavant à deux, leurs ouvrir les yeux sur d’autres paysages, sur d’autres modes de vie, leurs donner d’autres repères.
Par peur de rater notre premier avion, on arrive très tôt à l’aéroport. Excitation pour tout le monde, les aéroports sont toujours des lieux magiques où se croisent des gens aux destins si différents. On se met à imaginer ce que les personnes rencontrées vont faire. Où vont-elles, vacances, travail, visites de familles ? et on invente des tas d’histoire.
Pas de surprises désagréables, tous nos papiers sont en règle, l’avion est à l’heure …. On peut partir.

Une grosse douzaine d’heures plus tard et un changement à Bangkok, nous voici à Chiang Mai. Les enfants ont les yeux, les oreilles, le nez grand ouverts. C’est leur première rencontre avec l’Asie. Beaucoup de monde, de bruit, et surtout, une grosse et lourde chaleur comme si on avait orienté le sèche-cheveux sur nous.
Première chose, trouver une GH pour la nuit. Merci le LP, c’est rapidement fait et on arrive dans une petite maison tout en bois avec une petite cour intérieure pleine de plantes en pot, des bassins d’eau et des gens adorables. Deux chambres seront bien suffisantes à cinq.
Le lendemain, réveil pour tous avec les yeux vraiment en capote de fiacre. Si cette GH est pleine de charme, les cloisons sont en papier et le bruit est intense. Bruit de la rue d’abord où les motos pétaradent avec force à toute heure du jour et de la nuit. On a l’impression qu’elles traversent les chambres. La Thaïlande devrait davantage subventionner les vélos. Bruit des chambres voisines. On entend même le bruit du briquet qui s’allume et les enfants ont remarqué que leurs voisins étaient très amoureux. Mais on se fait une raison. On n’est pas venu jusque là pour retrouver le silence de notre campagne.
Premier objectif, trouver une petite agence de treks qui nous emmènera quelques jours dans les rizières. Vite trouvée. Une petite agence toute jeune avec un jeune homme à peine plus âgé que nos enfants. Il nous inspire confiance, départ le lendemain à l’aube.
Première approche de la cuisine thaïlandaise, comme chacun sait, un délice même si le coriandre est un peu fort au goût de certain.
Nos pas nous mènent devant des bars à l’intérieur desquels des filles de l’âge des notres, très ou trop maquillées, attendent les clients. Interrogations, discussions … pas toujours facile.
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Pascale.
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Sam 12 Jan - 18:12

Et ensuite, et ensuite??? Trop court comme première!!! Very Happy

les enfants ont remarqué que leurs voisins étaient très amoureux.
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Yann
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Sam 12 Jan - 18:34

oui faut continuer Pascalou...
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L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.
www.yannsenant.com
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pascale
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Dim 13 Jan - 2:12

Le clavier ne permet pas de trouver toujours les mots exacts pour exprimer au mieux le ressenti. Quelques photos pour égayer un peu le récit, mais de piètre qualité car elles sont scannées. Désolée.

On se lève à l’aube, heureux de partir vers l’inconnu et heureux aussi de quitter le bruit très intense de la GH.
On se joint à un petit groupe d’une moyenne d’âge de 25 ans. Deux anglaises, un couple d’américain, un autre couple de hollandais, nous cinq et notre jeune guide qui est très sympa.
Nous voilà chargés sur un camion, et en route pour 1h30 de trajet, au départ sur une route à peu près correcte, puis sur de la piste bourrée de nids de poule. C’est un bon moyen de faire connaissance et de voir les réactions de chacun. Tout le monde est écroulé de rire et on se retient mutuellement de tomber.




Les paysages défilent et c’est notre première rencontre avec la Thaïlande autre que la ville. Des forêts, des rizières, des paysans, des éléphants … tout est nouveau, tout est découverte. Hormis le confort un peu primaire, on voyagerait bien ainsi pendant des heures.
Il est temps maintenant de descendre du camion, de charger nos sacs sur le dos et de partir à pied à travers les rizières. On marche ainsi pendant des heures. Fabuleux, impossible de décrire les paysages. Des verts comme on n’en a jamais vus, de l’eau partout qu’on ne voit parfois que trop tard et trempé, le fameux arbre teck qu’on ne voit d’habitude que scié et transformé en chaise longue … tout cela nous semble un peu irréel.


On n’a pas croisé une seule personne de la journée. Les collines à grimper alternent avec les plaines à traverser.

Le jour faiblit et on arrive dans un petit village kharen. Nos enfants sont surpris, étonnés. Ce genre d’endroit qu’on pense ne plus exister quand on est trop habitués à nos pays modernes. Un petit village exclusivement constitué de maisons en bois sur pilotis, des enfants qui courent dans tous les sens pieds nus, les paysans qui rentrent des champs, les femmes habillées toutes en couleurs portent les bébés sur le dos, les vieux sont assis devant leur maison.


Tous les repères classiques tombent d’un coup. Dans un premier temps, on se croit dans un autre monde, hors du temps. Et au bout de quelques minutes, la vie telle que nos enfants la connaissent reprend son cours. Les mères appellent leurs petits, les marmites chauffent pour la soupe, les chamailleries entre frères et sœurs n’ont plus rien avoir avec le temps ou l’espace. Elles sont juste liées à la vie de famille.

Une vieille femme vient nous voir. Elle a très mal aux pieds, ils sont gonflés et plein de sortes de grosses gerçures.



Nos connaissances médicales sont plutôt faibles, mais on trouve dans nos sac une pommade qui devrait la soulager un peu. Petit massage, elle nous sourit, et on lui donne le tube et une ou deux paires de chaussettes histoire que ses pieds soient un peu moins en contact de la poussière.

C’est notre première nuit, au milieu de ce qui nous semble un peu la « jungle », protégés par de grandes moustiquaires. Pas de bruit si ce n’est celui de quelques animaux nocturnes.

Le matin, un bruit étrange nous réveille. Dans un demi sommeille, on cherche en vain ce que ce peut être. Jamais entendu un tel son, comme un grincement. Peu probable que ce soit un animal. La curiosité nous fait sortir. C’est juste le bruit d’un moulin qui transformait les grains de riz en farine, avec une roue entraînée par deux hommes. On se regarde, échange d’un sourire.
Une pluie fine tombe, mais on recharge le sac pour repartir et quittons le village accompagnés quelque temps par les enfants. Les couleurs sont différentes de la veille sous le voile humide. Une sorte de brume rend les paysages un peu flous. On se rend compte qu’on finit presque par s’habituer aux rizières qu’on traverse. Quand c’est comme ça, je me dis toujours en marchant : profite, profite, rempli tes yeux … tu y repenseras quand les jours seront moins beaux. Et ça marche !
On devient trempé de la tête aux pieds, et Prim notre guide, nous annonce tout heureux qu’une soupe nous attend dans une famille Kharen qu’il connaît. On arrive dans une grande maison, toujours sur pilotis. Une grande salle avec le feu au milieu, et deux chambres sur le côté. Au dessus du feu la vaisselle qui sèche. Une belle femme est là avec ses trois enfants.



La grand-mère est malade, couchée dans une des chambres. Rapidement, d’autres personnes du village sont attirés pas ces gens qui viennent d’ailleurs. On commence à essayer de discuter avec eux, et on se met rapidement à passer aux mimes ou à faire des dessins. Le fait de voir une famille avec parents et enfants semblent les intriguer, mais l’échange est d’autant plus facile. C’est fou comme on se sent bien. On est à l’abri, il pleut dehors, le chat veille dans un coin, l’eau pour le thé et au dessus du feu, et on rit avec des gens que rien aurait pu faire qu’on se rencontre hormis ce voyage.

Mais il faut continuer la route et on fait nos adieux. Drôle d’impression d’avoir passé un aussi bon moment avec cette famille qu’on ne connaissait pas et qu’on ne reverra jamais. Les enfants nous disent au revoir des fenêtres. Petits pincements au cœur. La pluie s’est arrêtée.

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Pascale.
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Parvat




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Dim 13 Jan - 11:33

waouh, merci Pascale...
C'est beau, j'aime comment tu écris, les photos sont super, particulièrement la dernière je trouve...
Impatiente de te lire encore Smile
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pascale
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Lun 14 Jan - 1:18

Le chemin continue. On a parfois l’impression d’être les premiers à traverser certains lieux. Forêts inextricables, passages sur quelques troncs au dessus de petites rivières et le paysage est toujours aussi varié. Très humide, beaucoup de torrents et toujours les rizières.
Prim nous trouve le soir une cabane en paille de riz pour la nuit près d’un ruisseau.
Pendant ces deux jours, on a fait exclusivement de la marche et on a rencontré que des populations Kharen, le rythme de la journée correspondait à celui du soleil. La journée du lendemain nous donne l’impression de redevenir de parfaits touristes. Après deux petites heures de marche, on arrive à des radeaux de bambous. Objectif, descendre la rivière. Le niveau d’eau est haut, mais l’eau est plus calme que dans bien des films à sensation. Ces radeaux sont simples mais efficaces. Juste de gros bambous attachés entre eux par quelques cordes. L’équilibre est instable, les chutes nombreuses, petits rapides à franchir … et la vie calme le long de la rivière.
A l’arrivée, des éléphants attendent tranquillement le débarquement de ce groupe hilare et trempé. C’est le grand confort sur le dos de ces pachydermes, bien plus stable que sur un cheval ou un chameau. Ces bêtes sont impressionnantes par leur force tranquille. On a l’impression que le moindre arbre ne leur résisterait pas plus qu’un roseau. Trempé depuis le matin, on commence à avoir un peu froid. Il faut savoir que quand on est sur un éléphant et qu’on n’a pas très chaud, il y a un truc génial à faire, c’est glisser ses jambes sous leurs immenses oreilles. Je n’utiliserai aucun terme pour décrire la sensations afin d’éviter les sourires moqueurs, mais c’est un excellent souvenir. Les enfants sont aux anges, ils sont dans un autre monde.



Et puis c’est la fin de notre petite virée de trois jours. On retrouve notre bétaillère qui nous ramène à Chang Maï. L’ambiance n’est pas aussi gaie qu’à l’aller. Tout le monde est un peu triste de se quitter et nos enfants ont le blues. Pendant ces trois jours, ils ont vu des paysages idylliques, rencontrés des gens étonnants et adorables qui vivent dans un dénuement qu’ils ne pouvaient imaginer, ils ont eu une vie comparable à celle des adultes qui les accompagnaient et ils ont même aimé marcher. Ils se sont pris tour à tour pour des aventuriers, des explorateurs, bref de grands voyageurs. Nous parents, on a bu du petit lait. Etre dans un tel endroit avec nos « petits » était un bonheur intense. Mais on a eu la chance de tomber sur un petit groupe avec des gens vraiment sympas, curieux de ce qu’ils voyaient, jamais râleurs et toujours prêts à tout ; notre guide Prim était prévenant et attentionné connaissant bien le coin et les gens chez qui il nous emmenait ; et pas un seul autre touriste que nous mêmes pendant ces trois jours. Je cherche au fond de la mémoire quelques souvenirs désagréables, mais pour l’instant, impossible de les trouver.

Et on retourne la tête pleine de toutes ces images dans notre GH, juste nous cinq, prêts pour d’autres découvertes.
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ocean78




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Jeu 17 Jan - 16:41

je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter le nord de la thailande, mais a ce beau récit, cela me donne vraiment envie d'en faire autant une prochaine fois..... Et c'est vrai que les photos sont magnifiques...
Sandra
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Parvat




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Jeu 17 Jan - 16:58

Ca doit être bien chouette de voyager avec des enfants...
Et les autres découvertes? Z'avez été ou après?Very Happy
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pascale
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Jeu 17 Jan - 18:40

Merci Parvat et Sandra.

Oui, c'est super de voyager avec les enfants, même si on l'a peu fait, et notre escapade très courte.
Je regrette un peu qu'on ne soit pas resté plus longtemps et que les rencontres avec les habitants des villages aient été si brèves.
En même temps, je ne me sentais pas le courage de partir longtemps comme Cécile ou comme la famille Neau. Les choix qu'ils ont fait correspond à des choix de vie que je respecte et admire, mais d'autres passions me tenaient à coeur aussi.
Je ne pensais pas non plus pouvoir faire comme Yann et emmener nos enfants directement au contact d'ethnies et partager des moments de vie. Moins téméraire, je ne croyais pas cela possible, et Tashi Delek n'existait pas encore pour me prouver le contraire.
Mais ce voyage a donné à nos enfants le goût de partir, et peut être emmeneront ils eux-mêmes leurs enfants dans des escapades plus aventureuses que les notres.

Cependant, un jour, je vous raconterais nos pêches en Bretagne et la pose des casiers avec les enfants.

En attendant, ma mémoire de poisson rouge cherche au fond de la tête la suite de cette virée thaîlandaise. Elle avance doucement, mais si je vous inonde, vous n'aurez plus le temps de lire les autres carnets de parvat, alain et alan, qui sont plus "frais" et donc plus vivants que celui-ci.
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Pascale.
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jerome77




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Ven 18 Jan - 20:46

tu es un peu comme Dory dans le monde de Némo Pascale....c'est mieux qu'un poisson rouge enfin pour la mémoire je c'est pas mais en ce moment je suis pas mieux....
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pascale
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Ven 18 Jan - 20:50

Après cette escapade de 3 jours à pied, on avait prévu de louer une voiture une semaine et aller au grès des envies dans les villages en faisant une grande boucle à l’ouest de Chiang Maï. La voiture nous permettait de nous arrêter en fonction des envies, de sauter des étapes ou de rester plusieurs jours au même endroit.
On retrouve l’agence dans laquelle on avait réservé la voiture, un 4x4. Au départ, on imaginait bien sûr un gros 4x4 comme on en voit dans nos villes, gros et tout noir … c’était pas vraiment notre genre, mais pourquoi pas, pour une fois on pouvait bien assumer nos contradictions.
Arrivés devant la voiture, on était un peu surpris. Non parce qu’elle était blanche, mais parce qu’elle ressemblait plutôt à une 4L améliorée. Les pneus lisses furent changés à notre demande et heureusement, le klaxonne marchait parfaitement, ce qui est indispensable dans ces pays. On se demandait comment on rentrerait à 5 avec en plus nos 5 sacs à dos à l’intérieur. En se tassant un peu, ça devrait le faire. Comme dans les 2CV, une belle barre au milieu de la banquette arrière. Pas grave, on s’échangera régulièrement les places.


Et nous voilà parti, l’Homme au volant comme dans toutes les « bonnes » familles. Ehhhh !!!! Xavier, on roule à gauche en Thaïlande … inutile de crier, la voiture nous arrivant en face fut plus efficace pour le lui rappeler.
Direction Pai. En théorie, ou au moins sur la carte, il y a 135 Km. Avec les détours, on en fera beaucoup plus, histoire de prendre les chemins de traverse. Entre la conduite à gauche et les panneaux souvent illisibles, arriver au bon endroit tient de la prouesse et on essaye de décrypter les signalisations en comparant l’écriture thaï à celle de la carte. Mais cela devient vite un jeu d’enfant.
La campagne nous étonne toujours autant, on traverse de grandes forêts de tecks, des rizières et s’arrêtons régulièrement dès que l’envie nous prend. La traversée des villages est toujours un moment très particulier. Les habitants n’ont pas l’air très habitué à voir une famille débarquer comme ça, mais après les premiers instants d’hésitation, un peu de dialogue peut s’installer.
Pai est une petite ville sympa, plutôt un gros bourg, s’étalant le long d’une grande route principale et l’ambiance est calme. Peu de touristes, quelques restos à l’air accueillant. Trouver de quoi se loger est facile, des petits bungalows autour d’un minuscule lac font parfaitement l’affaire. Il n’y a plus qu’à faire une grande lessive familiale.


Le lendemain, un breakfast excellent nous permet de partir à pied sans trop s’inquiéter de faim précoce. Un truc qu’on aime beaucoup faire dans ces cas là, c’est de partir dans la campagne sans savoir où on va. Il y a beaucoup de villages autour de Pai, et c’est la surprise assurée à tous les coups. Certaines fois, on se sent un peu comme des inquisiteurs, d’autres fois, on nous accueille avec plein de sourires, d’autres fois, on a l’impression d’être presque inaperçus si ce n’est quelques coups d’œil. On nous propose de la ganja … mais nous ne sommes pas les bons clients.
Sur les chemins, mêmes les insectes ont d’autres allures que chez nous et on passe beaucoup de temps assis au bord des chemins à regarder ces énormes fourmis au travail.



On continue comme ça toute la journée, marcher au grès des chemins à travers les rizières et les villages ou découvrir des chutes d’eau derrière un virage.
Le soir, on rencontre une famille avec deux enfants. Ils voyagent comme nous, mais en bus. Plus courageux !!! on a le temps de discuter, il tombe des seaux d’eau dans une nuit noire.

On reprend notre superbe 4x4 direction Mae Hong Son. La route est montagneuse, mais notre voiture monte courageusement les côtes. Premier arrêt aux grottes de Tham Lod. Une rivière souterraine majestueuse (au moins dans le souvenir), qui a creusé dans la roche quantité de chambres où il est facile de se perdre. Stalactites et stalagmites à profusion.
La région est aussi riche en sources d’eau chaudes. L’odeur n’est pas toujours extraordinaire, mais le spectacle vaut toujours le coup surtout si l’on tombe dessus un peu par hasard au milieu d’un champ. Pour imaginer la photo, il suffit de mettre une cocotte minute au milieu d’un tapis vert. Se sont en fait de petites marres d’eau chaudes. Des petits sacs sont immergés dans l’eau. C’est tout simplement des sacs de riz que les paysans mettent à cuire pendant la journée. Economie d’énergie.
Comme d’habitude, repas dans un petit resto au bord de la route. C’est drôle comme on ne s’y arrêterait pas en France parce qu’ils ne sont pas toujours d’une netteté absolue. Mais la nourriture est toujours excellente, et tous les intestins sont en pleine forme.
Les côtes s’accentuent et la voiture commence à avoir vraiment du mal à les grimper. On doit être à 10 Km de la frontière birmane. C’est toujours impressionnant d’avoir un pays en destination et d’en frôler d’autres, surtout celui-là. Il faudra attendre encore quelques années pour y aller.
On arrive après bien des virages au village de Mae Lana. Superbe, blotti au milieu des rizières. Un seul regret, ne pas y rester plus longtemps et échanger davantage avec les gens. Mais une fois de plus, la barrière de la langue nous embarrasse et les gestes remplacent la parole, ce qui provoque toujours de franches rigolades.
On retrouve la piste pour redescendre mais avec les pluies, ça glisse un maximum et devient même parfois un peu périlleux. Le chemin disparaît régulièrement sous l’eau qui le dévale. On respire en retrouvant la route principale de Mae Hong Son.
Un certain nombre de cols sont franchis où des femmes attendent les touristes avec quantités de tissus colorés brodés. Les vues sont splendides sur la plaine et les montagnes même si le ciel est bas et on s’arrête de nombreuses fois pour rentrer dans des petits temples.
On trouve une GH splendide tout en teck au bord du lac de Mae Hong Son, vraiment très belle, spacieuse et nickel. Un gros insecte nous nargue dans le coin d’une des chambres, mais on s’efforce juste de le chasser gentiment. Ne pas tuer d’animal, réflexe que l’on a souvent chez nous.

La journée du lendemain est sans surprise au niveau du climat. Comme d’habitude, le ciel est couvert en début de journée, il se dégage ensuite montrant un bleu particulier pour se transformer en douche le soir.
Première envie, aller au marché. Ces lieux sont toujours extraordinaires, la vie de tous les jours est là, on achète, on vend, on discute, on peut trouver de tout. C’est bruyant et coloré, très vivant.

Un dilemme se pose à nous. A quelques kilomètres se trouve le village d’une population de réfugiés qui a une particularité. Les femmes se mettent des anneaux autour du cou, comme les femmes girafes africaines. Enlever ces anneaux leur briserait le cou. Le village des Long Neck Kayan Lahwi, membre de l’ethnie Karen, réfugiées de Birmanie n’est qu’à quelques kilomètres de Mae Hong Son. Fallait-il ne pas y aller comme le conseillait à l’époque le GR, soutenir l’exploitation indécente de ces femmes en y allant sans se poser de question, ou y aller pour ouvrir nos yeux à des coutumes tellement éloignées des notres ? Nous avons décidé d’y aller, en expliquant le sort de ces ethnies réfugiées à nos enfants. Le chemin pour s’y rendre est magnifique. On traverse la forêt en se croyant au milieu de la jungle, on croise un grand nombre d’éléphants et on franchit souvent la rivière à guet. Pour rentrer dans le village, première chose, acheter des tickets. Comme au zoo. Mais cet argent est reversé à la population. Il leur est en effet interdit de cultiver les terres, et le tourisme est quasiment la seule ressource.
Au moment où on arrive, les quelques touristes encore présents partent, et on se retrouve tout seul dans ce village. C’est l’heure de manger. Alors on traverse le village en parcourant la rue principale. Quelques têtes sortent des maisons, et on voit les femmes et les jeunes filles avec leurs anneaux autour du cou. Notre premier sentiment est un certain malaise. C’est vrai que cela donne une tête haut perchée très étrange. Passé la première impression et quelques échanges de sourires, on continue la route comme si de rien n’était pour aller tout au bout du village. On s’assoit et un homme semblant assez jeune vient nous voir, rapidement rejoint par quelque gamins. Il nous intrigue, on l’intrigue, mais au bout de quelques temps, il voit en nous une famille somme toute comme toutes les autres. Alors tout heureux, il nous fait signe de l’attendre et revient quelques minutes plus tard tenant avec précaution un grand panier en osier. A l’intérieur, une petite tête brune dépasse, son premier enfant d’à peine quelques jours, un garçon. Il fallait voir la fierté de ce jeune père.
On est resté longtemps avec lui et les gamins qui, curieux, se rassemblaient autour de nous. Des petites filles sans anneaux, libres de leurs mouvements, et d’autres un peu plus âgées à qui on avait déjà mis ces colliers étranges. En même temps, leur habit change, plus de tee-shirt de toutes les couleurs mais le costume traditionnel blanc brodé et une coiffe. Elles avaient sans doute passé l’âge de la puberté.
Une mamie, avec ses 5 petits-enfants est venue discuter aussi un petit moment.
Il fallu repartir. On a quitté ce village avec un mélange de joie et de tristesse. Heureux de ce moment passé où pendant l’espace de quelque temps, rien de différenciait les deux familles. Des parents, des enfants qui discutaient en riant. Mais un passé et un avenir tellement différent … comment imaginer qu’on puisse rester « parqué » de la sorte, sans liberté aucune, sans autre ressource que celle du visiteur qui vient en inquisiteur, pour voir, et repartir vers des lendemains si loin de leur vie de tous les jours. Cette privation de liberté nous a procuré un malaise bien plus grand que ces femmes au long cou.

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jerome77




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Ven 18 Jan - 21:08

Très bon récit Pascale et belles photos... Wink
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gwenol




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Ven 18 Jan - 21:20

waouhhhhhhhhh Pascale, on a envie encore de te lire et moi qui vait à la rencontre du nord dans un mois et qui avait peur de conduire ... je crois que grace à toi cette peur va disparaitre !

MERCI
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Parvat




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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Ven 18 Jan - 22:16

C'est super gai à lire! Mille mercis sunny
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pascale
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MessageSujet: Re: Trois petites semaines en Thaïlande.   Ven 18 Jan - 23:52

Merci à tous les trois. Puisque c'est comme ça .... je continue Smile
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Pascale.
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Trois petites semaines en Thaïlande.

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