pascale Modératrice


Age : 48 Inscrit le : 07 Mar 2007 Messages : 1783 Localisation : Sud Ouest
| Sujet: Le Cambodge avec Indiana Jones (et maman) ... (1) Lun 26 Mar 2007, 18:20 | |
| Comment avoir tous les avantages du voyage organisé (parce qu’il y en a quand même quelques uns), sans en avoir aucun inconvénients ? autrement dit, comment découvrir le cœur d’un pays, aller au détour des petits chemins perdus, faire des kilomètres de pistes sur lesquelles ne vont aucun transport en commun ; tout en n’ayant de voisins ni à droite ni à gauche, sans être obligé de prendre « la » photo pendant les 10 secondes réglementaires de l’arrêt, sans être obligé d’attendre avec impatience « la » pause « pipi » qui fait qu’on n’ose plus boire de thé pendant la journée, sans être obligé de rentrer à 10 personnes dans un petit resto ….. J’ai trouvé La Solution. Loran, qui connaît et aime ce pays, avec son 4x4 Land Cruiser comme il n’en existe plus depuis bien longtemps.
Au départ, je n’étais pas prête à me laisser guider par un inconnu et perdre cette chère liberté du voyage individuel. Surtout que lorsque j’en ai entendu parler la première fois, j’avais l’impression que c’était un personnage difficile à cerner. Etait il paysan, vivait-il du tourisme, avait-il une guesthouse, travaillait-il pour le cinéma ? Et cet homme avec un certain goût de l’aventure aurait-il envie de passer quelques jours avec une fille et sa mère, à les trimbaler dans la campagne Cambodgienne au volant de son 4x4 ?
Alors à tout hasard, j’envoie un premier mail. L’adresse déjà en dit long : au bout du monde …… et je lui demande s’il veut bien nous organiser un petit tour sur la côte cambodgienne en février pour deux jours. Rapidement, les choses se précisent. On sent assez vite le professionnel. Carré, organisé, précis. Et finalement, de deux jours, on passe à quatre jours. Regard rapide sur google pour voir à quoi ressemble un land Cruiser Toyota. Ouaaaah !!! Exactement ce qu’on n’aime pas en France, ces voitures qui se font crever les pneus sur les trottoirs parisiens. Mais pour le Cambodge, on peut bien mettre les principes dans la poche. Sous la chaleur et sur les pistes, on peut bien faire une exception.
Rendez vous est pris. Il viendra nous chercher le samedi à 9h à la Okay guesthouse à Phnom Penh. Petit coup de fil la veille : tout va bien, pas de lézard.
Avec maman, histoire de bien commencer, on veille à être prêtes à l’heure, et à 8h55, je jette un coup d’œil dans la rue. La seule chose que je vois dans un premier temps, c’est un gros véhicule 4x4, qui doit dater de bien avant les années noires, avec une sorte de cheminée noire, et qu’on imagine tout à fait au milieu du désert. Il ne ressemble pas du tout aux photos d’Internet, mais il me plait bien ce gros truc qui a l’air de rouler encore, même si je me pose quelques questions sur la cheminée. J’apprendrai plus tard qu’en fait, ce n’est pas pour chauffer, c’est pour aérer.
A première vue, ce véhicule est bien pour nous. Et en retournant à la guesthouse, je découvre Indiana Jones en personne, même si ce n’est pas tout à fait Harrisson Ford. Même tenue, même chapeau. Contact chaleureux, poignée de main solide et grand sourire, et c’est parti pour quatre jours. L’aération du véhicule est assurée par l’ensemble des fenêtres qui resteront ouvertes en permanence. J’avais un peu peur de l’air conditionné qui met comme un écran entre la vraie vie et nous. Là, pas de problème, avec les fenêtres ouvertes, le soleil nous chauffe avec délice directement le visage. A mes pieds une grande glacière avec des blocs de glace sous lesquels des bouteilles d’eau restent au frais toute la journée ou presque.

Direction Kampong Chnang et le village des potiers. Pour cela, on traverse de nouveau Phom Penh en suivant le quai Sisowath. Même si dans la journée il n’y a pas autant d’animation que le soir, il demeure toujours une certaine ambiance, un mélange de nonchalance et d’intense activité. Difficile à décrire.
Sorti de la capitale, on remonte le Tonle Sap le long de sa rive sud. J’imaginais qu’on ferait des kilomètres en silence, mais loin de là, les discussions étaient très animées. Et en tant que français vivant expatrié à l’autre bout du monde, il était curieux d’en savoir un peu plus sur l’actualité politique en France et d’échanger les points de vue (période électorale oblige).

Mais le sujet central restait le Cambodge. On avait déjà appris beaucoup de choses avec Kosal sur l’Indouisme et le Bouddhisme. Avec loran, c’était davantage sur la société cambodgienne d’aujourd’hui et son organisation, les pouvoirs politiques, les relations hommes-femmes, les relations Khmers-étrangers, la vie agricole, la corruption terrible. On a appris ce qu’on ne peut pas lire dans les livres, ce qu’un Khmer ne peut pas trop exprimer, ce qu’un expatrié qui vit depuis plus de 8 ans au Cambodge et qui y a fondé sa famille peut ressentir.
(à suivre .....) |
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